Premier trimestre 2018

Pendant plus de dix ans, nous avons préféré investir dans des sociétés américaines plutôt que dans des sociétés canadiennes, car l’économie américaine y est plus robuste et plus diversifiée et l’écosystème de ses sociétés ouvertes est beaucoup plus vaste dans tous ses secteurs. Pendant les neuf dernières années où nous avons privilégié le marché des actions américaines, sept d’entre elles auront été rentables, car le rendement de ce marché a facilement dépassé celui du marché des actions canadiennes. Toutefois, en tenant compte de la récente volatilité du marché qui est attribuable en partie par le gouvernement instable et imprévisible de la Maison-Blanche, cette situation ne nous donne pas beaucoup de temps à réfléchir.

Étant donné que nous priorisons le marché nord-américain, le fait d’accorder moins d’importance au marché américain signifierait que nous nous intéresserions de nouveau aux actions canadiennes, ce qui pourrait ne pas être une perspective intéressante. Malgré le fait qu’en 2017,  l’économie canadienne a de façon surprenante affiché de bons résultats, sa croissance a reculé au cours des premiers mois de 2018. Les mesures prises par les gouvernements provinciaux de l’Ontario et de la Colombie-Britannique qui visent à imposer des restrictions aux investisseurs étrangers concernant le marché immobilier résidentiel de même que la situation précaire des consommateurs canadiens surendettés contribueront à freiner l’économie. Compte tenu de ces tendances, l’économie canadienne continuera à affronter des vents contraires et le gouvernement canadien prévoit une croissance plus lente en 2018 et en 2019.

Ce n’est pas seulement l’impact des ajustements à court terme, tel que les prix du marché immobilier résidentiel et les dépenses de consommation qui contribuent à notre manque d’intérêt à investir dans des sociétés canadiennes. En effet, il y a un autre facteur à plus long terme qui nous préoccupe encore plus. Pour de nombreuses raisons, le Canada a traîné derrière les États-Unis en ce qui concerne la croissance de sa productivité au cours des deux dernières décennies. Le Canada, dont la production par travailleur est plus faible, s’est contenté de mettre en cause les travailleurs plutôt que d’élaborer une stratégie industrielle fédérale cohérente. En outre, le manque d’investissement des entreprises en recherche et développement et en améliorations des immobilisations jumelé à un régime d’imposition des revenus non concurrentiel ne contribuent guère à attirer et à motiver la meilleure et la plus brillante future main-d’œuvre au Canada.

Au Canada, la population vieillissante pèsera grandement sur la croissance de la productivité, un problème dont la plupart des pays développés doivent faire face. Le Canada possède aussi beaucoup plus de main-d’œuvre dans le secteur public, un taux de syndicalisation plus élevé et accorde moins de mesures incitatives aux entrepreneurs. De manière équitable, tout ceci est contrebalancé par une politique d’immigration plutôt ouverte; le Canada accueillant au total 310 000 immigrants chaque année. Sur une base relative, ce chiffre est beaucoup plus élevé qu’aux États-Unis, dont le pays accueille seulement 1,0 million d’immigrants par année selon une population de base dix fois plus grande.

Vers la fin de l’année dernière, les États-Unis ont adopté une réforme fiscale radicale, qui a contribué à abaisser le taux d’imposition des sociétés, le faisant passer de 35 % à 21 %. Ce taux est maintenant beaucoup moins élevé que le taux canadien de 27 %. L’écart des taux d’imposition des particuliers est encore plus grand entre les deux pays et favorise également les États-Unis. Puisque les dépenses fédérales sont élevées et que le gouvernement enregistre déjà des déficits, le Canada ne peut se permettre d’égaler les taux des États-Unis.

Au Canada, les deux principaux secteurs exportateurs sont le secteur pétrolier et gazier et le secteur de la fabrication d’automobiles. Puisque le commerce extérieur compte pour 64 % du PIB canadien, ces secteurs ne sont pas négligeables. Ces deux secteurs sont actuellement en difficulté. En effet, le  premier secteur en raison du manque d’accès à de nouveaux pipelines et l’autre en raison de la demande qui ne s’est pas rétabli depuis les niveaux connus d’avant la récession de 2008 et 2009. Étant donné que les États-Unis achètent 75 % de nos exportations canadiennes, la renégociation de l’ALENA est extrêmement importante. Il est difficile de prévoir si le gouvernement canadien pourra favorablement renégocier l’ALENA compte tenu de la position agressive sur l’échange adoptée par le gouvernement américain.

Tout ceci mène à conclure que nous devons garder le cap avec la stratégie envers les actions que nous adoptons depuis les onze dernières années. Nous continuerons à détenir des actions de sociétés canadiennes qui sont chef de file dans leur domaine et qui sont concurrentielles à l’échelle mondiale. Autrement, nous continuerons à détenir la majeure partie de nos actions à l’étranger pour que vous ayez la meilleure exposition aux entreprises dominantes qui possède une solide gestion et des perspectives supérieures de croissance.


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Rendement


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